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Photo: internet

Haïti-République Dominicaine : pas de partenariat possible sans production agricole haïtienne, selon Nesmy Manigat

Faisant le survol des deux pays, l’économiste a dressé le constat suivant :

Le montant des exportations d’Haïti vers la République Dominicaine se chiffre à 10 millions de dollars américains tandis que les exportations dominicaines vers Haïti totalisent 1 milliard 200 millions de dollars US.

En ce qui concerne le budget national, il avoisine 3 millions de dollars américains dont plus de 50% dépendent de l’aide internationale ; alors que le budget de l’Etat dominicain atteint 10 milliards de dollars US avec un apport de moins de 2% de la communauté internationale.

600 mille personnes dans 13 communes frontalières haïtiennes attendent encore que des investissements sérieux puissent les convaincre de ne pas se transformer en migrants-es autrement dit en des exilés économiques en République Dominicaine.

Des files de containers remplis de marchandises se dirigent tous les jours vers Haïti et parallèlement, bon nombre d’Haïtiens-Haïtiennes voyagent au quotidien vers la République Dominicaine pour des achats.

Des citoyens-citoyennes sans aucune perspective d’emploi, parmi eux, des bacheliers-bachelières se retrouvent cultivateurs sur les plantations dominicaines qui produisent pour Haïti.

Par ailleurs, la République Dominicaine a adopté tout un train de mesures pour protéger ses agriculteurs. Les tarifs douaniers sur certains produits dépassent 25%. En même temps, des produits haïtiens venant d’Haïti sont interdits d’entrée. De leur côte, les décideurs haïtiens, depuis plus d’une vingtaine d’années, ont choisi de sacrifier la production agricole du pays avec des mesures de libéralisation à outrance, soi-disant pour combattre la vie chère : les droits de douanes en Haïti varient, en général, entre 0 et 5%.

Un engagement ferme dans l’agriculture

Ce constat sur les réalités économiques et commerciales des deux Etats voisins a porté l’économiste Nesmy Manigat à recommander aux autorités haïtiennes un investissement massif dans l’agriculture. Cet investissement, poursuit-il, doit inclure quatre fondamentaux que l’économiste résume à quatre C : Crédit agricole, Compétence, Compétitivité et Coopération transfrontalière.

Toute démarche dans le sens du crédit agricole doit s’accompagner d’une formation des agriculteurs-trices, sinon, elle est vouée à l’échec, soutient le conférencier. L’application des normes de qualité pour les produits réalisés doit être aussi une priorité.

Et surtout, il convient d’adopter de nouveaux tarifs douaniers à même de protéger la production agricole nationale, car, cela ne servirait à rien d’augmenter l’offre des produits si le marché reste envahi par des produits étrangers pour la plupart largement subventionnés dans les pays d’origine.

Enfin, un accord commercial doit être négocié avec la République Dominicaine pour des échanges plus justes.

A coté de cet investissement massif prôné dans l’agriculture, Nesmy Manigat exhorte l’Exécutif et le Parlement haïtiens à envisager une législation spéciale sur la frontière qui favoriserait les investisseurs potentiels dans cette zone. Pareille législation existe déjà en République Dominicaine, indique l’économiste.

Pour freiner la migration des jeunes riverains de l’aire frontalière ; positionner Haïti comme un partenaire véritable ; atténuer les chocs éventuels d’une inflation importée avec la hausse des produits sur le marché mondial, le choix approprié pour Haïti aujourd’hui demeure : la relance de la production agricole.

Pour l’économiste Nesmy Manigat : «un pays sans production agricole est un pays qui n’existe pas.

Cette conférence du 9 aout 2012 à Sant Pon Ayiti était titrée : « Analyse des aspects commerciaux dans les échanges entre Haïti et la République Dominicaine : Haïti partenaire ou consommateur ? ».

Le coordonnateur du Sant Pon Ayiti, le Père Yves Edmond, a rappelé en la circonstance, que cette conférence s’inscrit dans un programme mensuel, « Jeudi Sant Pon Ayiti », qui se veut un espace de débats, d’analyses et de réflexions sur toutes les questions touchant Haïti et la République Dominicaine.

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