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Journée Internationale des Migrants: Le GARR appelle à de meilleurs traitements envers les migrants haïtiens

Port-au-Prince, le vendredi 17 décembre 2021.- À l’heure actuelle, plus de 3,6 % de la population mondiale vit en situation migratoire selon l’organisation des Nations-unies. La migration a toujours fait partie de la vie des peuples. En Haïti, cette année, la réalité migratoire a surtout été marquée par le rapatriement massif de plusieurs dizaines de milliers de nos compatriotes, notamment par les États-Unis, la République dominicaine et d’autres pays de l’Amérique latine. Ces rapatriements sont, la plupart du temps, entachés de violations graves des droits de ces migrants.

À l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale des Migrants (18 décembre), le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) tient à tirer la sonnette d’alarme sur les traitements inhumains infligés aux migrant-e-s haïtiens rapatriés et/ou expulsés, particulièrement des femmes enceintes et des enfants. Le GARR profite de cette journée pour dénoncer haut et fort le comportement condamnable des autorités de certains pays dits défenseurs des Droits Humains envers les migrants.

Sur la dernière décennie, les données démontrent une présence significative de ressortissants haïtiens un peu partout à travers l’Amérique latine (Chili, Brésil, Mexique, Equateur, Panama, etc.). Au Chili, les migrants haïtiens représentaient 12.5% de la population d’étrangers recensés dans ce pays en 2020. Confrontés à de multiples contraintes telles que le racisme, la xénophobie et le chômage, ils laissent massivement ces pôles migratoires pour tenter d’atteindre « l’eldorado américain » dans des conditions extrêmement risquées. Tout le long de la route migratoire, soit plus de 7000 km, de nombreux cas de viols, de vols et d’extorsions, d’abus de toutes sortes ont été rapportés. Ceux qui ont eu la chance d’accéder à la frontière américano-mexicaine ont été sauvagement pris en chasse par des agents de la police frontalière américaine. Des images choquantes de garde-frontières à cheval pourchassant des migrants ont fait le tour du monde.

Refoulés à la frontière, un nombre important de ces migrants haïtiens ont été expulsés vers Haïti. D’autres familles, faute de pouvoir satisfaire leur rêve d’entrer aux Etats-Unis, se voient obligées de mener une vie misérable dans des villes frontalières mexicaines comme Tapachula, Ciudad Acuña, Tijuana, Mexicali, etc. Déjà dépouillées durant le trajet, ces personnes se trouvent dans l’incapacité de se loger et de se nourrir correctement. Qui pis est, sans aucun permis de séjour valide, leur chance de trouver un emploi dans ces villes frontalières devient très mince.

D’un autre côté, la République dominicaine ne cesse de durcir sa politique migratoire. Pour l’année 2021, le nombre de migrants haïtiens rapatriés à la frontière totalise plus de 28 000. Dans les jours qui ont suivi l’annonce des mesures prises par les autorités dominicaines, de nombreuses femmes migrantes enceintes ont été pourchassées des hôpitaux publics, puis placées en détention avant d’être reconduites à la frontière par des agents de la migration dominicaine. Beaucoup de ces femmes ont été accueillies par le GARR qui leur a fourni une assistance humanitaire. Les témoignages recueillis auprès d’elles font état de cas de violations systématiques de leurs droits. De plus, il a été signalé que des agents de la migration font désormais irruption dans des églises afin d’appréhender les migrant-e-s haïtiens. Fort de cette réalité, le GARR se questionne sur les proportions que pourrait prendre cet acharnement contre les ressortissants haïtiens en territoire voisin.

In fine, la crise migratoire constitue une préoccupation de taille à laquelle les dirigeants haïtiens et les organismes de défense des droits humains doivent apporter des réponses urgentes et adaptées. Outre les cas de violations des droits humains qui sont enregistrées au cours des rapatriements, la capacité du pays à accueillir ses propres ressortissants est une préoccupation toute aussi sérieuse. Manifestement, le pays ne dispose pas de moyens pour faire face à cette crise migratoire. Par conséquent, le GARR se prononce en faveur d’un moratoire de six (6) mois sur les rapatriements, le temps que le pays se relève de ces crises persistantes.

Par ailleurs, le GARR encourage les autorités haïtiennes à mettre en place des programmes d’encadrement à visée intégrative pour les rapatriés. Plus structurellement, l’Etat haïtien se doit, non seulement, de fournir aux ressortissants haïtiens des documents d’identité et de voyage, mais aussi, il est nécessaire que l’État, notamment à travers ses ambassades et consulats, soit attentif aux besoins et aux conditions de vie des migrants haïtiens partout où ils se trouvent.

– FIN –

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