Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihil expetendis in mei. Mei an pericula euripidis, hinc partem.

Blog

GARR / Catégories en Français  / Nouvelles  / Actualités  / Le GARR appelle au respect de la dignité des personnes déplacées au Centre sportif de Carrefour

Le GARR appelle au respect de la dignité des personnes déplacées au Centre sportif de Carrefour

Au début du mois de juin 2021, plusieurs centaines de personnes ont été forcées à fuir leur domicile suite aux violences engendrées par les conflits entre des gangs armés dans les quartiers populaires de Martissant et de Fontamara, 3ème circonscription de Port-au-Prince. Actuellement, environ 1000 personnes dont des femmes et des enfants en bas âge, des femmes enceintes et allaitantes, des personnes âgées et à mobilité réduite, se sont installées au Centre sportif de Carrefour, un espace qui n’était pas destiné à abriter des familles.

Lors d’une visite des lieux, le 8 juin 2021, le GARR a rencontré des occupant-e-s de ce camp de déplacés qui ont décrit leur calvaire. « Sentant la vie de ma famille en danger, j’étais obligée de m’enfuir sans avoir eu le temps de prendre quelques effets personnels, même pas une couverture pour envelopper mes enfants durant la nuit. », a confié une quadragénaire.

La majorité de ces familles dorment à même le sol ou sur des morceaux de tissus. Les femmes n’ont aucune intimité et il n’y a aucune prise en considération pour les personnes à besoins spéciaux.

Pour l’instant, le coronavirus constitue une véritable menace pour ces personnes déplacées. Bon nombre d’entre elles ne portent pas de masques de protection. La distanciation physique n’est pas non plus respectée. Avec la promiscuité et les visites de personnes extérieures, le GARR craint une propagation du virus dans le camp en cas où une personne serait infectée.

Ces familles déplacées évoluaient déjà dans un contexte assez difficile avant même les violences qui ont occasionné leur fuite. Elles étaient confrontées à des difficultés socio-économiques couplées au manque d’accès aux services sociaux de base, à leur incapacité à faire face à la violence ainsi qu’à leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles due à la précarité de leurs habitats. Ces conflits ne font qu’aggraver davantage leur situation.

« On a incendié ma maison ainsi que tout ce que je possédais. Maintenant, je n’ai nulle part où aller. Il ne me reste plus rien à part ma pauvre vie et celle de mes enfants que j’ai réussies à sauver…», se plaint une mère de 4 enfants.

Tout comme cette mère, certains ménages ont pratiquement tout perdu: des membres de leurs familles, leurs maisons, leurs documents et autres biens importants. Ils sont confrontés, pour l’instant, à des besoins de toute sorte au niveau du site d’hébergement de Carrefour : eau potable, nourriture, vêtements, matériels de couchages, matériels de protection contre la COVID-19 (masque, gel alcoolique, etc.), installations sanitaires, articles d’hygiène (savon, brosses à dents, dentifrice, etc.).

Ayant vécu toute leur vie dans les quartiers où elles ont été contraintes de fuir, les personnes interviewées souhaitent toutes un retour au calme, sinon elles seront obligées de se réfugier dans d’autres zones plus ou moins sûres.

Par ailleurs, elles ont sollicité un appui psychologique afin de surmonter le traumatisme provoqué par les menaces et les détonations d’armes automatiques.

Le GARR profite pour rappeler qu’il est du devoir de l’État haïtien de protéger la vie de la population et de fournir un accompagnement adéquat à ces familles leur permettant de reprendre le cours normal de leur vie en toute dignité.

Les conflits entre groupes armés ont déjà conduit au déplacement forcé de plusieurs milliers de personnes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Les quartiers de Bel-Air, Martissant, Fontamara, La Saline, Village de Dieu, Bas Delmas illustrent cette situation. Ces zones, contrôlées par des gangs rivaux, sont maintenant abandonnées par leurs occupants et livrées au pillage et à la désolation.

Le GARR invite les autorités haïtiennes à redoubler d’efforts pour assurer non seulement la protection des personnes déplacées à l’intérieur du pays, mais aussi pour trouver une solution pacifique à cette crise gratuite qui ne fait qu’endeuiller et appauvrir les familles.

No Comments

Post a Comment