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Des déplacés/es du camp ODENIH risquent d’être expulsés de force

L’ultimatum est lancé. Les déplacés doivent quitter le site appelé Camp ODENIH ce 9 juillet. Sinon ils/elles se feront évacuer de force. Un loader se pointe déjà devant l’entrée du site. Des agents, engagés par la propriétaire pour le déblayage du terrain, font le pied de grue. Ils sont déterminés à exécuter leur boulot avec ou sans la présence des résidents. Apeurés/es, les déplacées/es appellent à l’aide. « Nous n’avons nulle part où aller. » s’est plaint  Alexandre Louissaint, 46 ans, réfugié avec sa famille dans les locaux de la Délégation qui n’avait pas résisté au séisme du 12 janvier 2010.


Installé sur le site depuis la catastrophe, ce père de 3 enfants s’adonne à la ferronnerie et la peinture comme gagne-pain. Pourtant, en dépit de sa volonté de travailler, il ne trouve presque plus de commande. « Je suis un père responsable, j’ai la volonté de prendre soin de ma famille. », a-t-il déclaré en ajoutant qu’il n’a pas les moyens pour louer une maison pour héberger sa famille.


La situation de cet homme n’est pas singulière. La majorité des 19 familles se trouvant sur le site ont avancé qu’elles n’ont pas de quoi se payer un logement. Elles confient qu’elles ne peuvent même pas louer un shelter, une pratique très courante de nos jours. Loulouse, une jeune mère allaitante a dit dépenser toute ses économies dans le traitement de son mari malade. «  Maintenant il me faut du temps pour économiser encore de l’argent pour payer un loyer. Cela fait à peine quinze jours depuis mon accouchement. Je ne compte pas rester certainement mais je ne peux pas dire non plus à quel moment je pourrai laisser le camp. », a-t-elle expliqué l’air inquiet en regardant son bébé.

 

Son mari est maçon. Quatre mois de cela, il a souffert d’une crise qui a paralysé ses membres du côté droit. Il se reprend peu à peu, mais il ne peut se lancer à fond dans les travaux de construction qu’il exécute habituellement.

 

Selon les témoignages des déplacés, ils/elles ont la volonté de laisser l’espace. Cependant, étant des victimes de la catastrophe du 12 janvier, ils s’étonnent, disent-ils, que les autorités haïtiennes les abandonnent complètement pour les laisser livrés à la merci de la propriétaire. En outre, aucune procédure judiciaire telle qu’établie par les lois haïtiennes n’a été suivie, selon les témoignages des déplacés-es à l’encontre desquels la propriétaire multiplie des menaces depuis mai 2012.

 

Des vagues d’expulsions sont enregistrées, ces dernières semaines dans plusieurs camps d’hébergement de la zone métropolitaine. Bénéficiant du laissez-faire des autorités concernées, ces expulsions sont réalisées souvent sur fond de violences : bastonnades et arrestations illégales.

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