14 tempêtes tropicales et 9 ouragans, dont 3 majeurs, ce sont les prévisions météorologiques dévoilées pour cette nouvelle saison cyclonique, officiellement débutée le 1er juin 2026. Les faiblesses démontrées par le passé en Haïti en matière de système de gestion des risques et désastres et le peu d’engagement de l’État haïtien dans la prévention des risques de catastrophes, sont autant de raisons pouvant justifier de sérieuses inquiétudes quant à notre capacité à faire face convenablement aux menaces cycloniques.
Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) lance, en ce sens, un cri d’alarme pour inviter les acteurs concernés, à savoir les autorités de la Protection Civile et d’autres instances concernées, à travailler d’arrache-pied en vue de renforcer le système de prévention et de gestion des risques en place. Par-là, le GARR entend surtout la mise en œuvre de grands travaux de curage et de drainage au niveau des zones à risques, l’intensification des campagnes de sensibilisation pour aider la population à se protéger en cas de catastrophes naturelles, comme les glissements de terrain, les épisodes d’inondation et les vents dévastateurs.
Le passage des cyclones en Haïti demeure, à ce jour, l’un des facteurs majeurs qui affectent les populations de multiples façons. Au-delà des pertes en vies humaines importantes et les innombrables dégâts matériels provoqués par les intempéries, les rescapés des désastres liés aux cyclones continuent d’alimenter le flux des déplacés internes en Haïti, déjà estimé à plus de 1.4 millions de personnes aujourd’hui. Créant ainsi un environnement humanitaire difficile à gérer face à la sévérité des besoins. Des mesures d’urgence doivent être prises en ce sens pour atténuer les risques de catastrophes.
L’enjeu est aussi foncièrement lié aux droits fondamentaux de la population, comme le droit à la santé, à l’alimentation, le droit à l’éducation et les droits socio-économiques. Sans conteste, la précarité qui sévit déjà dans le pays ne fera que s’accentuer avec le passage de cyclones si rien n’est fait pour parer aux risques majeurs. Jusqu’à présent, l’adoption du cadre stratégique national 2019-2030 en matière de prévention et de gestion des risques de catastrophe ne produit pas les effets escomptés.
La gestion calamiteuse des risques et désastres survenus récemment avec le passage de l’ouragan Melissa à Petit-Goâve l’année dernière est une preuve flagrante de cette absence de gouvernance dans ce domaine. En 2016, le passage de l’ouragan Matthew dans le Grand Sud du pays a emporté la vie de près de 500 personnes, a fait 400 blessés et a provoqué le déplacement de près 180 000 personnes. Cette situation a notamment contribué à l’augmentation de l’insécurité alimentaire ainsi qu’à une hausse de 40 % des cas suspectés de choléra. L’on doit définitivement apprendre des erreurs du passé et rectifier le tir.
Ainsi, pour atténuer les risques de désastres liés au passage des intempéries en Haïti, le GARR préconise des actions concrètes pour renforcer le peu d’infrastructures existant au niveau des zones à risques. Aussi, les autorités compétentes se doivent d’innover et d’intensifier les campagnes de sensibilisation, en mobilisant les leaders communautaires, religieux et associatifs pour une meilleure circulation de l’information dans les zones difficiles d’accès, de manière à protéger la population.
Par ailleurs, l’on invite les membres de la population, notamment les personnes vivant dans des zones à haut risque, à adopter des attitudes responsables. C’est-à-dire, éviter de s’installer ou de demeurer dans les zones reconnues comme étant fortement exposées aux inondations, aux glissements de terrain ou aux fortes crues, suivre régulièrement les bulletins météorologiques et respecter les consignes des autorités de la Protection Civile, tout en pratiquant l’entraide et la solidarité.


