Ce dimanche 14 juin 2026, à l’occasion de la Journée nationale des droits de l’enfant en Haïti, célébrée cette année sous le thème officiel « solidarite, responsabilite, aksyon pou timoun kanpe djanm, pote diyite ak espwa pou demen », le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a organisé une série d’activités mettant à l’honneur les enfants. Grâce au support de son partenaire Unitarian Universalist Service Committee (UUSC), dans ses locaux, des activités psycho-éducatives et ludiques ont été réalisées en faveur d’une cinquantaine d’enfants issus de plusieurs camps de déplacés internes de la Capitale. Au terme de la journée, les participant.e.s se sont montré.e.s satisfait.e.s et ont exprimé leur souhait de participer régulièrement à des activités récréatives similaires.
La situation des enfants présentement dans le pays est très critique. Le désarroi socio-économique, la crise sécuritaire et la déliquescence de la famille qui s’abattent sur le pays sont des facteurs clés pour comprendre la problématique des droits de l’enfant en Haïti. Selon l’UNICEF, les enfants représentent la moitié du volume des personnes déplacées internes dans le pays, un chiffre évalué à 1.4 millions de personnes.
Au niveau des camps, les conditions de vie sont effroyables pour les enfants. La violence qui les pousse à fuir leur domicile, continue d’assombrir leur quotidien. Là-bas, dans la promiscuité de ces abris précaires, ils/elles y subissent toutes sortes d’agressions et font face quotidiennement à de la privation de leurs droits. Les enfants des rues connaissent aussi un sort identique. Pas de services de bases, pas de loisirs, aucune structure de protection pour venir à leur rescousse. Livrés à eux-mêmes, beaucoup d’enfants se sont retrouvés au sein des groupes armés, les utilisant comme agents de la violence et comme boucliers humains lors des opérations menées par les forces de l’ordre dans les territoires dirigés par des gangs.
Aujourd’hui en Haïti, des espaces comme les orphelinats et d’autres lieux d’accueil pour enfants, outre le manque de régulation qui caractérise le fonctionnement de ces structures, sont sans cesse menacés par l’assaut des groupes armés. Rappelons-nous de l’enlèvement en août dernier de huit personnes à l’orphelinat Sainte Hélène de Kenscoff, dont un enfant en situation d’handicap .
La tenue de cette activité de commémoration était aussi l’occasion pour le GARR d’attirer l’attention des autorités de l’État et les autres acteurs œuvrant dans la protection, sur, non seulement la situation des enfants haïtiens déplacés internes, mais aussi celle des enfants haïtiens impliqués dans la migration internationale.
Sur ce point spécialement, l’on pense aux nouveaux nés haïtiens arrachés aux bras de leurs mères ainsi que de nombreux mineurs haïtiens en République dominicaine, séparés de leurs parents et expulsés à la frontière haïtiano-dominicaine, un espace particulièrement très à risque pour des enfants sans tuteurs. Cela vaut également pour d’autres enfants migrants haïtiens évoluant dans des lieux de transit au niveau de la région et qui peinent à trouver les protections nécessaires. La mort de deux fillettes haïtiennes à Oaxaca en février 2026, dans un centre dédié à l’accueil des enfants, traduit manifestement les déficits de protection auxquels sont confrontés ces derniers.
Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) dénonce une fois de plus les mécanismes structurels qui font accentuer les inégalités socio-économiques dans le pays, lesquelles conduisent par ricochet à la précarisation des droits des enfants en Haïti. Plus en profondeur, le GARR invite les autorités du pays à œuvrer au profit d’un renforcement des cadres de protection de l’enfance en Haïti, mais aussi à la mise en œuvre de politiques publiques centrées autour des droits de l’enfant, la valorisation de la famille, la justice sociale et de la lutte contre l’impunité.
« Pwoteje timoun yo, respekte dwa yo, se trase chimen ki mennen nan diyite ak lespwa yon demen miyò »


