Dans le cadre de la commémoration de la Journée Internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes célébrée le 25 novembre, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), avec le support financier de Christian Aid et de American Jewish World Service (AJWS), a organisé une série d’activités dans différentes zones frontalières d’Haïti autour du thème « Ensemble, luttons pour bannir les violences à l’endroit des femmes et des filles ». À travers ces activités, le GARR a voulu attirer l’attention des autorités locales et des communautés frontalières sur les violations de droits humains dont sont victimes les femmes et les filles, particulièrement les migrantes rapatriées par la République Dominicaine.
En rapport avec la problématique de la violence exercée à l’endroit des femmes et des filles, plusieurs autres thématiques telles que la question du consentement en lien aux abus sexuels, les défis environnementaux et les violations des droits des migrantes ont été abordées suivant les spécificités des zones en question.
À Cornillon/Grand-Bois (Ouest), les discussions ont surtout été menées autour des enjeux environnementaux liés à l’extraction des mines métalliques qui aura non seulement des impacts négatifs sur l’environnement, mais aussi des incidences graves sur la santé de la population. Ce qui constitue un facteur compromettant pour les droits des femmes et les filles en particulier.
Au niveau de la ville frontalière de Belladère, une rencontre de Plaidoyer a été réalisée dans les locaux du GARR avec la participation des autorités locales, des leaders communautaires et religieux. Les réflexions ont tourné autour des différentes formes de violations de droits humains faites à l’égard des femmes enceintes au cours du processus de rapatriement et sur les implications de la société civile dans l’accompagnement de ces personnes.
Le GARR en a profité pour exhorter les participantes et participants à développer une solidarité citoyenne à l’endroit des migrantes. Il a aussi fait appel à la vigilance des autorités haïtiennes afin de prévenir tous les cas de violence sur les femmes et les filles migrantes rapatriées.
Toujours à Belladère, au cours d’une conférence-débats tenue dans les locaux de l’École Nationale Anténor Firmin, plus d’une cinquantaine de jeunes écolières et écoliers ont exprimé leurs préoccupations par rapport aux violences sexuelles dont sont victimes les femmes et les mineures. Les échanges ont été très fructueux. Les écolières et écoliers ont largement manifesté leur intérêt d’apprendre et de comprendre comment identifier et dénoncer les violences, surtout celles à caractère sexuel, dont sont souvent victimes les femmes et les filles.
Pour le mois de novembre 2021, le GARR a enregistré 819 femmes, dont 165 femmes enceintes et 107 petites filles, rapatriées par la République dominicaine. Les conditions déplorables de détention et de rapatriement ont été largement dénoncées par l’organisation à travers les médias et sur les réseaux sociaux. En plus des violations de Droits humains dont les rapatriements de migrantes sont entachés, l’insécurité grandissante dans le pays est aussi à la base de nombreux cas de viols sur des femmes et des filles. Une fois de plus, le GARR demande à l’État haïtien de renforcer et de construire des centres de santé modernes dans les communautés frontalières afin de garantir des soins de santé de qualité aux résident-e-s de ces zones, particulièrement aux femmes et aux filles.
Dans le milieu social haïtien, les femmes et les filles font partie des catégories les plus exposées aux violences de tous ordres. Selon Unicef, 30% des femmes âgées de 15-49 ans ont subi des actes de violence physique. Face à cette situation alarmante, le GARR appelle tous les acteurs à s’impliquer davantage pour dénoncer les violences perpétrées sur les femmes et les filles, car cela constitue un obstacle majeur dans l’établissement d’un ordre social juste et égalitaire.


