expulsion de migrants haitiens par RD

L’immigration haïtienne en République Dominicaine : entre sentiment de rejet et pratiques d’escroquerie

Une étude sur la main-d’œuvre étrangère dans le secteur de la construction en République dominicaine, menée par Marina Ortiz Rita Mena et reprise par plusieurs médias dominicains, révèle que des ouvriers migrants haïtiens ont payé jusqu’à 17 000 pesos pour pouvoir retourner travailler après avoir été déportés.

La même étude fait également état de pratiques d’extorsion exercées à l’encontre de ces travailleurs par des agents de la migration. Ces derniers se présentent sur les chantiers de construction le jour de la paie et exigent entre 7 000 et 10 000 pesos par personne, en brandissant la menace de la déportation.

Face à ce constat, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) tient à rappeler la complexité de la question migratoire haïtienne en République Dominicaine, et que la situation ne reflète nullement le discours simpliste voulant faire croire que les migrants haïtiens constituent un poids pour la Dominicanie. Loin de là, l’immigration haïtienne en terre voisine représente une manne sur laquelle bon nombre de secteurs se gavent.

Beaucoup d’entreprises font venir des migrants en situation irrégulière, les embauchent en les sous-payant ; les obligeant à travailler sur des chantiers à risques, sans équipements de protection, sans protection sociale, et de surcroît ces derniers sont victimes régulièrement des actes racistes et xénophobes. Ce trafic s’organise via des réseaux de passeurs impliquant des civils haïtiens et militaires dominicains. Pour preuve, au cours du mois de juillet, la justice dominicaine a condamné à environ 15 ans de prison, 4 militaires dominicains actifs impliqués dans un réseau de trafic de migrants haïtiens.

Des agents de la migration dominicaine profitent sans réserve de la vulnérabilité des ressortissants haïtiens en leur extorquant de l’argent sous diverses formes. L’on ne peut oublier non plus les pratiques de ventes frauduleuses de visas aux haïtiens qui généraient de grands revenus du temps que les visas étaient accordés aux ressortissants haïtiens.

Le GARR juge abominables ces pratiques qui exposent la vie des migrants haïtiens et dénoncent cette machine de corruption qui encourage l’immigration irrégulière. En ce sens, il invite les deux pays à faire front commun pour lutter contre la migration irrégulière, un terroir propice aux pratiques de traite et de trafic. Le GARR encourage aussi les deux pays à réfléchir sur la mise en œuvre des programmes de migration régulière, sûre et ordonnée, profitables aux deux nations.

Partager cet article

Facebook
Twitter
LinkedIn