COMMUNIQUE DE PRESSE
Port-au-Prince, le jeudi 20 novembre 2025.- En Haïti, aujourd’hui, la petite enfance est soumise à rude épreuve. Avec plus d’un demi-million d’enfants déplacés internes en 2025 selon les données publiées dans un rapport (SOS ENFANTS) par l’UNICEF en octobre dernier, beaucoup délaissés par leurs proches et livrés aux mauvaises influences, la situation des enfants est lamentable. A l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) fustige l’inaction des autorités de l’Etat faillant piteusement à garantir le bien-être des enfants, leurs droits à la protection, à l’identité, à l’éducation, à la santé, à l’alimentation et à la sécurité.
En 2024, l’UNICEF a rapporté une augmentation jusqu’à 1 000% des cas de violences sexuelles perpétrés sur des enfants en Haïti. Outre les viols sur des enfants, certains ont subi des mutilations de la part des gangs. L’Etat, en laissant libre cours aux pratiques d’enrôlement des enfants par les groupes armés, n’a pas su protéger ces derniers qui deviendront par la suite des bourreaux, eux aussi. Par ailleurs, le GARR déplore la mort de plusieurs enfants lors d’une intervention des forces de l’ordre le samedi 20 septembre 2025 au niveau du quartier de Simon Pelé et invite ces derniers à protéger cette catégorie vulnérable.
Sur le plan migratoire, le GARR lance un vibrant appel aux acteurs de protection afin de freiner les dérives des autorités migratoires en République Dominicaine quant au respect des droits des enfants haïtiens. Les vagues de persécution dirigées contre les femmes migrantes haïtiennes enceintes et allaitantes depuis avril 2025 sont tout simplement inacceptables. Beaucoup d’enfants sont séparés de leurs parents et déportés à la frontière, environ 400 mineurs non accompagnés ont été repérés par le GARR au mois d’octobre 2025 à la frontière haïtiano-dominicaine parmi les personnes déportées. D’autres ont également été victimes de viols lors des opérations tardives et violentes menées par des agents de la migration dominicaine.
Et l’enfer d’Haina, on en parle ? Il y a quelques jours, un nouveau-né placé à Haina a succombé après une crise respiratoire alors que la mère et l’enfant ont été transférés au centre en pleine forme. Le GARR dénonce ces pratiques et espère un changement au niveau des opérations de déportations afin de garantir les droits des enfants migrants.
Somme toute, il est fondamental que les acteurs de protection et l’Etat haïtien s’activent pour protéger les enfants en Haïti, en garantissant leurs droits fondamentaux et leur bien-être, qu’ils soient rapatriés, déplacés internes ou vivant avec leurs parents. L’on ne peut pas espérer une meilleure société si on n’offre pas à nos enfants un cadre d’épanouissement physique et mentale.
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