Quatre femmes haïtiennes décapitées à la frontière haïtiano-dominicaine, le GARR dénonce ces crimes crapuleux et exige des enquêtes approfondies

Les autorités policières en République dominicaine ont confirmé ce 2 février la mort brutale d’au moins 4 femmes migrantes haïtiennes au niveau de la frontière de Elías Piña. Les premières analyses ont permis de situer les dates des crimes entre le 29 décembre 2025, le 3 janvier et le 17 janvier. Selon la Police dominicaine, certaines parties des corps ont été retrouvées directement dans le fleuve Macasia et d’autres dans les parages du fleuve.

Les meurtres auraient été commis sur le territoire haïtien de l’avis des autorités dominicaines et présentement, il est impossible d’estimer le nombre de victimes qui n’ont pas été découvertes. Les corps ont été retrouvés progressivement, il se pourrait qu’il y en ait d’autres et qu’on a affaire à un mode opératoire.

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés est scandalisé par ces crimes odieux perpétrés contre ces haïtiennes. Ces femmes seraient les victimes de réseaux de trafiquants qui tirent profit de leurs vulnérabilités, en les promettant de les aider à traverser la frontière contre de l’argent.

Le GARR invite les autorités policières haïtiennes à collaborer en toute urgence avec la police dominicaine en vue de parvenir à l’identification des victimes, d’identifier leurs familles en Haïti et de faire la lumière complète sur ces horreurs. Il encourage les communautés frontalières de part et d’autre du fleuve à prêter main forte aux autorités pour que l’investigation soit fructueuse et que les criminels soient mis hors d’état de nuire.

La plateforme lance aussi un cri d’alarme face aux délaissements de la frontière, surtout au niveau des points non officiels où l’Etat haïtien est totalement absent. Beaucoup de réseaux de malfaiteurs sont à l’œuvre au niveau de la frontière et commettent les crimes les plus sordides sur les migrants, notamment sur les femmes et les filles. C’est en ce sens qu’il est essentiel de renforcer les campagnes de sensibilisation autour des pratiques de traite et de trafic dans les zones frontalières ainsi que sur les dangers que représentent les voyages irréguliers pour les migrant.e.s.

Le GARR exhorte une fois de plus l’Etat haïtien à se réapproprier de ses prérogatives, à savoir le plein contrôle de ses frontières et à se concentrer sur le bien-être des membres de la population. La crise profonde que traverse le pays demeure l’un des facteurs majeurs conduisant au départ des haïtiens et haïtiennes vers le territoire voisin, fort souvent via des voyages irréguliers, à la merci des trafiquants qui ne manquent jamais l’occasion de les exploiter et de commettre les pires forfaits contre ces personnes migrantes.

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