Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a clôturé avec succès, au premier trimestre 2026, sa campagne de sensibilisation autour des enjeux de droits humains, en lien au projet d’exploitation de terres rares au niveau de la zone frontalière de Pédernales par la République dominicaine. La cérémonie a eu lieu en présence d’une trentaine d’invités, dont des autorités locales, des acteurs de la société civile et des leaders religieux.
Dans le cadre de cette initiative visant à sensibiliser les membres de population d’Anse-à-Pitres, l’institution a mis en œuvre une série d’activités exposant les impacts négatifs de cette entreprise d’extraction minière sur l’environnement, notamment sur la qualité des terres cultivables, la qualité de l’air et sur les ressources hydriques, déjà faibles au niveau de cette partie de la frontière.
En ce sens, deux journées de formation autour des droits environnementaux et de l’extractivisme minier ont été animées au profit de 20 participant.e.s issus des communautés limitrophes aux zones potentiellement réservées aux activités d’exploitation. Des mobilisateurs/mobilisatrices muni.e.s de porte-voix ont sillonné la commune pour sensibiliser les frontalier.ère.s sur les conséquences néfastes de ce projet extractif sur leur environnement et les ressources en eau.
Toujours à travers ladite campagne, des activités de porte-à-porte, ainsi que la diffusion d’un spot publicitaire via plusieurs radios de la place ont été réalisées. Au Centre-ville d’Anse-à-Pitres, à la première section de Boucan Guillaume/ Banane, à la deuxième section de Bois d’Orme/ Mare-Rouge, des réunions communautaires visant à mieux comprendre les défis liés à ce projet minier et les perspectives de résilience ont rassemblé une centaine de personnes.
L’on se réjouit par ailleurs de l’intérêt de la population frontalière d’Anse-à-Pitres pour cette campagne. Le GARR maintient son appel à la vigilance face au projet d’exploitation des terres rares à Pédernales, précisément dans la région d’Avila, Loma las Mercedes et Sierra de Bahoruco. Les mines à ciel ouvert sont non seulement des facteurs de pollution pour l’environnement, mais exposent la population à des risques sanitaires, notamment les couches déjà vulnérables, comme les femmes et les enfants.
Du côté dominicain aussi, ce projet d’exploitation des terres rares suscite aussi des remous quant à ses éventuelles répercussions désastreuses sur les écosystèmes au niveau de la zone frontalière. Rafael Pérez, le député de Pédernales a, lui aussi, manifesté ses inquiétudes autour de ce plan d’exploitation qui, selon lui, ne fera qu’aggraver la situation de la population de sa circonscription, notamment au fait qu’il exige une forte consommation d’eau alors que cette partie de la frontière dispose d’une seule rivière.
Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) invite les autorités haïtiennes, via le Ministère de l’environnement, à prêter une attention soutenue à l’évolution de ce projet susceptible d’affecter les ressources hydriques, d’accroître significativement le niveau de pollution dans la commune et donc la vulnérabilité de la population.
L’institution, grâce au support de ses partenaires, dont MISEREOR, renouvelle son engagement à garantir le droit à l’information à la population autour de ce projet, par le maintien d’une campagne de sensibilisation pour aider la population à mieux cerner les enjeux liés aux projets d’extractivisme pour les droits humains dans les communautés limitrophes de la frontière d’Anse-à-Pitres. Aussi œuvre-t-elle pour la mise en place des initiatives coordonnées, via des rencontres entre les acteurs étatiques concernés et les groupes organisés de la commune, afin de soutenir la résilience des populations vulnérables vivant au niveau de la zone frontalière.



