Le GARR salue la décision de la justice américaine de se prononcer en faveur du maintien du TPS pour les migrants haïtiens

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Port-au-Prince, mardi 3 février 2026.- Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) se réjouit de la décision rendue par la juge fédérale Ana Reyes en faveur des migrants haïtiens couverts par le programme de protection temporaire (TPS). Hier, jusqu’à la mi-journée, le sort de plus 300 000 ressortissants haïtiens aux États-Unis était totalement flou, ils étaient angoissés et attendaient désespérément cette décision. Des vies, des familles et des liens risquaient d’en pâtir et des rêves auraient été anéantis.

Après la phase d’audition, la cour a jugé insuffisantes les raisons avancées par l’Administration de Donald Trump pour refuser définitivement aux migrants haïtiens l’accès au programme. Les velléités de l’administration de Trump de s’en prendre aux migrants haïtiens date depuis la campagne électorale de 2022, mais heureusement la justice a triomphé cette fois.

La fin du TPS pour des centaines de milliers de migrants haïtiens aurait apporté un sérieux coup aux espoirs nourris par ces derniers de s’offrir un nouveau départ, loin du chaos en Haïti et de soutenir convenablement leurs familles restées dans le pays. Depuis le cataclysme du 12 janvier 2010, date à laquelle les migrants haïtiens ont été rendus éligibles pour l’application du TPS, beaucoup de ces migrants ont été placés sous le couvert de ce programme, spécialement dédié aux ressortissants de pays en guerre ou des pays frappés par des catastrophes naturelles.

Le GARR souhaite rappeler que les nouvelles politiques migratoires aux Etats-Unis sous le second mandat de Donald Trump font tout pour plonger les migrants en situation irrégulière, tout a été verrouillé en ce sens, et ce, malgré les contributions substantielles des communautés migrantes dans la vie socio-économique du pays. Grâce aux apports de la communauté migrante haïtienne vivant aux États-Unis sous le TPS, l’économie américaine a généré plus de 5 milliards de dollars et le fisc a gagné plus 1.5 milliards de dollars selon les données partagées par un regroupement d’organisations de défense des droits des migrants aux Etats-Unis (Haitian Bridge Alliance, UndocuBlack Network et FWD.US).

L’économie haïtienne aussi mise beaucoup sur la solidarité des éléments de la diaspora avec le pays d’origine. D’après la BRH, plus d’un tiers (1/3) du produit intérieur brut du pays repose sur les transferts de fonds de la diaspora, plus de la moitié de ce volume de transfert provient de la diaspora haïtienne aux États-Unis. Les expulsions massives de ressortissants haïtiens auraient fait chuter le PIB et impacteraient négativement le quotidien de nombreuses familles dépendant fortement de cette solidarité.

Sur le plan humanitaire, objectivement, il n’existe pas à l’heure actuelle aucune condition propice à l’accueil des migrants rapatriés. Déjà, le pays peine à offrir un accueil digne aux milliers de rapatriés qui arrivent chaque mois à la frontière haïtiano-dominicaine. Si ordinairement, le retour des membres de la diaspora en Haïti pourrait s’accompagner de certaines opportunités d’investissement et d’un apport en capital humain, le retour forcé ou les expulsions en masse de migrants haïtiens, dans ce climat d’instabilité, ne serait nullement profitable au pays.

Face aux risques de déportation qui pèsent toujours sur le dos des milliers de migrants haïtiens avec la politique foncièrement anti-immigrante de Donald Trump, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés appelle à la solidarité en faveur de ces derniers. Il invite les groupes organisés qui accompagnent régulièrement les migrants à se serrer les coudes et interpelle la communauté haïtienne aux Etats-Unis à se montrer unie et encore plus solidaire en cas de recours. L’on dénonce aussi les attaques incessantes de l’administration de Donald Trump contre les organisations de droits humains dans le but de les affaiblir. Sur le terrain, face aux dérives des agents de l’ICE, la présence de ces organisations est essentielle pour relever et relayer les cas violations de droits observés et pour accompagner les migrants en difficulté.

In fine, au regard de l’hostilité permanente de l’Administration de Donald Trump envers les migrants haïtiens, le GARR s’allie à toute démarche visant la recherche d’une issue diplomatique et invite donc l’Etat haïtien à faire le pas. C’est aussi le moment de questionner la sincérité de l’engagement des Etats-Unis en faveur de la résolution de la crise en Haïti.

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